Echouer vite, apprendre vite : Gasquet vs Federer

Les erreurs font parties de l’apprentissage et constituent le plus sûr moyen de progresser. Plus elles sont commises tôt, plus elles permettent de se remettre en question, de progresser et de se rapprocher de ses réelles aspirations. C’est en tous les cas l’avis des adeptes du « fail fast, learn fast » (échouer vite, apprendre vite), très en vogue aux Etats-Unis.

Les partisans du « fail fast, learn fast » considèrent qu’un échec est riche d’enseignements s’il est analysé, traité et accepté. Ils estiment ainsi que l’erreur est un excellent moyen de tester sa capacité à rebondir, à valider ses choix ou au contraire à trouver la force d’en changer.

Un exemple dans le domaine sportif

Dans son excellent livre Les vertus de l’échec, le philosophe Charles Pépin prend comme exemple la carrière du tennisman Richard Gasquet pour démontrer l’adage « fail fast, learn fast ».

Richard Gasquet a gagné le tournoi des petits as (championnat officieux des 12/14 ans) à l’âge de 12 ans en battant facilement un certain Rafael Nadal. Gasquet a été longtemps surnommé le petit Mozart du tennis. A 12 ans, il avait atteint une maîtrise tennistique rarement égalée. Il était à cette période évident pour la plupart des experts qu’il remporterait de nombreux tournois du grand chelem et deviendrait un joueur d’exception.

Au même âge, Roger Federer était un joueur prometteur. Il n’était cependant pas le meilleur dans sa catégorie d’âge et personne ne pouvait imaginer qu’il deviendrait le joueur qu’il est aujourd’hui. Il faut dire qu’à cette époque, il était plus connu pour maltraiter ses raquettes que ses adversaires. Sur un terrain de tennis, il était imprévisible, impatient et colérique.

Le palmarès de Federer et de Gasquet

25 ans plus tard, Federer a gagné 20 titres du grand chelem et est devenu le plus grand joueur de tous les temps. Gasquet est devenu un très bon joueur de tennis. Il a fait partie des 10 meilleurs joueurs du monde mais n’a jamais gagné de tournoi du grand chelem. Le Suisse a su faire évoluer son jeu et se réinventer perpétuellement. Le Français n’a pas réussi à se dépasser sur le plan physique et mental et n’a pas su se transcender lors d’événements importants.

Est-ce que Federer serait devenu le plus grand joueur de monde, le plus apprécié et le plus zen sur un terrain s’il n’avait pas été si tourmenté sur les courts pendant ses jeunes années ? Et est-ce que la carrière de Gasquet aurait été différente s’il n’avait pas tout gagné jusqu’à l’âge de 16 ans ?

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